Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir
Olivier Aubriet et ses récentes acquisitions de la correspondance d’Edmond Rostand
Passionné par Edmond Rostand et collectionneur, grand donateur pour le Musée Edmond Rostand et la Fondation Napoléon, membre du conseil d’administration des Amis d’Arnaga et d’Edmond Rostand, et du cercle des Ambassadeurs de la Fondation Napoléon, Olivier Aubriet s’investit depuis de nombreuses années pour un patrimoine culturel destiné à être partagé afin de le rendre accessible à tous les intéressés.
Préfacier de la réédition par les Amis d’Arnaga (sur l’initiative de Robert Poulou) du livre « Edmond Rostand » de Rosemonde Gérard (éditions Kilika, 2024), Olivier Aubriet est l’auteur d'articles tels "Anna de Noailles : l’Orientale de l’avenue Hoche" et "Rosemonde Gérard : une femme de lettres à redécouvrir".
Mais sa qualité même de collectionneur l’invite à rester « en permanence sur le qui-vive. Pister les pièces, identifier leur provenance, surveiller les ventes, faire sortir certains objets de collections privées, être présent au bon endroit au bon moment.
Cela exige de la patience, parfois des années d’attente, et une vigilance constante ».
Mais le travail ne s’arrête pas à l’acquisition. Il faut ensuite archiver, documenter, répertorier avec minutie. Protéger chaque pièce avec soin, la préserver de la chaleur, de la lumière, de l’humidité. Construire un ensemble cohérent, pensé, structuré, qui lui avait déjà permis de réaliser des dons au musée de la Villa Arnaga : un travail souvent invisible, mais bien réel, et souvent considérable, car « derrière chaque pièce donnée, il y a des heures de recherche, d’attente, de négociation, d’étude et de conservation ».
Ainsi de l’entrée dans sa collection de la longue et passionnante lettre autographe (sur quatre pages) signée d’Edmond Rostand et adressée à Émile Faguet, datable vers 1903 : selon l’analyse d’Olivier Aubriet, il s’agit d’une « véritable leçon de théâtre. Rostand y livre une analyse extrêmement détaillée d’un drame héroïque mettant en scène La Tour d’Auvergne (et dont l’auteur demeure à identifier), soumis à son jugement » par l'académicien et professeur de poésie française à la Faculté des lettres Émile Faguet.
Pour Olivier Aubriet, « Ce qui frappe d’emblée est la densité de la réflexion. Rostand écrit : « Je parle en toute franchise, préférant être utile que complimenteur ».
Il procède acte par acte, analyse la construction dramatique, la vraisemblance scénique, la tenue du vers. Il distingue la « bonne vulgarité truculente » indispensable au théâtre des facilités mélodramatiques. Il exige que tout changement de rythme soit justifié par un véritable « coup d’aile ».
La dimension humaine est tout aussi frappante. Rostand, après avoir exercé une critique d’une grande exigence, ajoute : « On est si sensible, si incertain, si troublé à son âge ! Il faut aller doucement ! » (...) « Sans compter que c’est peut-être lui qui a raison tout le temps ! Le théâtre est un tel mystère ».
Enfin, cette formule capitale, souligne Olivier Aubriet : « Je trouve qu’il ne faut en théâtre prendre conseil de personne… Quand on sent quelque chose, il faut s’entêter ».
Phrase qui, au-delà du contexte, éclaire sa propre posture artistique ».
Quand Rostand recevait un critique de théâtre à Arnaga
Edmond Rostand recevant le critique Henry Bauër – livre dédicacé de Paul Faure et signé d’Anna de Noailles
Rien d'étonnant à ce qu'Edmond Rostand ait reçu à Cambo la visite Henry Bauër, comme le démontre cet intéressant cliché datant de 1909, acquis très récemment par Olivier Aubriet.
À l'époque, critique de théâtre en vogue et auteur à l'occasion "polémique", Henry Bauër (1851-1915) était le fils naturel d’Alexandre Dumas (père).
Son engagement comme officier des troupes communardes en 1871 lui avait valu sept ans d’exil en colonie pénitentiaire en Nouvelle-Calédonie.
Mais en dehors de sa réputation dans la presse, Henry Bauër était également particulièrement admiratif de Sarah Bernhardt, dont il avait salué le talent dans de nombreux articles enthousiastes, et avec qui il vécut une histoire d’amour passionnée pendant sept ans. Il avait également lutté victorieusement pour imposer Wagner, Ibsen, Courteline, etc.
Ajoutons-y encore ce très rare exemplaire de l’ouvrage « Vingt ans d'intimité avec Edmond Rostand » dédicacé par son auteur, Paul Faure, avec une signature d'Anna de Noailles qui en avait écrit la préface !