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Bertrand de Pérignon, un éventail de plantes du Pays Basque dans une main soutient à l’occasion dans ses bras son dernier-né Jean, à la tête bouclée, qui n’a pas encore un an. Et d’emmener parfois au jardin ses deux autres bambins, Etienne et Aimée, entourant leur maman Cécile, enseignante.
Vous êtes originaire du Pays Basque ?
Je suis né au Pays Basque, mon port d’attache depuis toujours malgré quelques escapades parisiennes et bordelaises. La langue basque me fut transmise par ma grand-mère basque.
J’ai eu la chance d’habiter avec mes parents à la villa Mendichka construite par l’architecte néo-basque Henri Godbarge à Urrugne, qui fut classée monument historique en 1993.
La demeure, que la famille malheureusement n’habite plus, entourée d’un parc sublime, est situé entre l’Océan et les montagnes.
C’est dans ce jardin mirifique qu’est née votre passion pour l’art des jardins ?
Effectivement, dès l’enfance, entouré d’arbres centenaires et végétaux, j’ai aidé mon père médecin a planter et soigner les plantes, et créer avec ma tante des jardins ornementaux composés de rosiers.
Ma mère, de son côté, composa le verger. Depuis, la passion pour les jardins ne m’a pas quitté.
Quel a été votre parcours, vous n’aviez pas choisi le paysagisme dès le début ?
Effectivement après des études de langues et de management, j’ai travaillé quelques années comme consultant dans le domaine bancaire au sein d’un cabinet parisien…
De retour à Paris après quelques missions effectuées à l’étranger, j’ai réalisé que je ne pourrai pas m’accomplir complètement dans cette voie, car ce milieu n’était pas suffisamment en phase avec ma vision de la vie. J’ai donc décidé de me consacrer à ce qui me tenait le plus à cœur : la nature et le paysage.
J’ai eu la chance de pouvoir travailler dans les agences de paysagistes prestigieux à la suite de mes études à l’École Nationale du Paysage de Versailles.
Tout d’abord, chez Louis Benech dont la connaissance encyclopédique des plantes est devenue proverbiale, puis Jean Noël Capart, véritable fils spirituel de René Pechère, qui m’a introduit à l’art des mouvements de terrain et des beaux ouvrages de pierres.
Enfin les frères Wirtz qui, à la suite de leur père, mêlent jardin formel et souplesse des graminées pour les clients et les propriétés les plus prestigieuses, à travers le monde entier.
J’ai également été puiser mon inspiration et renforcer mon expérience du terrain dans diverses pépinières et comme jardinier à l’Alhambra de Grenade.
Quelle est la différence entre le métier de paysagiste et celui de jardinier ?
Ils sont complémentaires et travaillent ensemble. Le paysagiste conçoit le jardin, le jardinier l’entretient. Le paysagiste dessine le plan du jardin vu de dessus avec éventuellement le plan de coupe ainsi que des esquisses en perspectives.
Ainsi, il apporte une vision d’ensemble et une vision préventive sur les façons de planter en fonction du mouvement sol.
Le drainage de l’eau n’est-il pas extrêmement important ?
Oui bien sûr. Après les pluies torrentielles que nous avons connu récemment, les terrains sont gorgés d’eau. Il faut travailler le sol et pailler afin de le protéger des intempéries. Des chênes sont tombés car dans le sol trop argileux, les racines de l’arbre ont cédés.
De même, le soleil brûlant l’été cause des dégâts si on ne draine pas correctement le sol qui demande beaucoup d’entretien ces dernières années à cause du réchauffement climatique.
Afin de donner du rythme au jardin, comment gérez-vous l’espace ?
Par exemple si le terrain est en pente, je construis des murets et des terrasses. De manière à déambuler de droite à gauche, je peux poser ça et là une pergola, une gloriette, une ferronnerie, un pool-house près d’une piscine qui ne sera surtout pas bleu clinquant !
Je privilégie les couleurs naturelles du liner, par exemple le beige, le gris rosé. Une pièce d’eau tapissée d’ardoise noire comme dans la villa Elhorria (ancienne propriété de Karl Lagarfeld) aura de l’allure. J’aime aussi les mosaïques à la Cazaux pour les fontaines. Je peux également diriger les travaux de la villa s’il y a lieu, en symbiose avec les travaux du jardin, avec des artisans locaux.
En ce début de printemps, que conseillez-vous de faire dans les jardins du Pays Basque ?
Je propose après les pluies de travailler, enrichir, pailler le sol. Je prescrirai un traitement phytosanitaire afin d’éviter les champignons et les insectes qui prolifèrent en milieu humide. Je conseille de planter les vivaces et tailler les hortensias, les arbustes comme le fusain du Japon à feuilles persistantes permettant une symphonie de couleurs.
Bertrand de Pérignon, conception de jardins - tél. 06 41 67 20 12 ou bertdeperignon@hotmail.com