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HISTOIRE
Jules et Gabrielle Labat par L. Bonnat, 1862, Musée Bonnat - Voiture à cheval devant l’entrée du château d’Urtubie
Article d'Alexandre de La Cerda publié vendredi 21 novembre 2025
La réouverture du musée Bonnat Helleu la semaine prochaine permettra de se réapproprier des pans essentiels de l’histoire de notre capitale du Pays Basque nord, en retrouvant par exemple les portraits que Léon Bonnat réalisa du maire de la ville qui l’accueillit à son retour de Madrid à la mort de son père, Jules Labat, et de son épouse, née Gabrielle de Larralde-Diustéguy, qui apporta son château d’Urtubie à Urrugne.
D’après « L’armorial du Pays Basque » d’Hubert Lamant-Duhart, la famille Labat avait laissé des traces en Basse-Navarre au XVIème siècle, citant Pierre-Augustin, propriétaire de la maison Etcheparria à Bidarray, ainsi que Jean Labat, capitaine de la milice du Labourd et alcade de Louhossoa en 1706, jusqu’au Bayonnais Pierre Labat, armateur à Santander, qui fut reconnu « noble de race et de maison noble » par le tribunal de la noblesse de Castille à Valladolid.
Parmi ses onze enfants, une de ses filles épousa Michel d’Arcangues alors que son fils aîné Michel acquit à Bayonne, près du Pont Mayou sur la Nive, le célèbre hôtel particulier dit « de Brethous » ainsi qu’à Biarritz – en 1832 – la propriété de Gramont (près de l’église Saint-Martin) qu’il mettra à la disposition du couple impérial Napoléon III et Eugénie lors de leur séjour à Biarritz en 1854, avant la construction, l’année suivante, de la Villa Eugénie, futur Hôtel du Palais…
C’est son fils Jules, futur maire de Bayonne, qui épousera en 1845 Gabrielle de Larralde-Diusteguy, dont il eut - entre autres – une fille Thérèse, qui se maria avec le colonel Paul de Coral, ce sont les arrière-grands-parents de l’actuel propriétaire du château d’Urtubie, le comte Laurent de Coral.
Laurent de Coral, un cousin et les auteurs de l’article, centenaire de Jules Labat dont un portrait orne le grand salon
Aussi, le centenaire de la disparition de Jules Labat en octobre 2014 fut-il commémoré de manière remarquable, tant au château d’Urtubie à Urrugne (avec un magnifique bal en costumes d'époque,, notre photo) qu’à “Gramont” à Biarritz, qui appartient toujours à ses descendants, ainsi qu’à Bayonne où se pressèrent à la mairie 300 de ses descendants (sur 480 alors recensés)...
Jules Labat, un visionnaire audacieux
Aujourd’hui encore, l’organisation urbaine et la physionomie de Bayonne dont Jules Labat fut maire de 1852 à 1869 sont l’héritage direct de ce visionnaire audacieux (plusieurs fois député entre 1869 et 1893). Ses réalisations frappent par leur ampleur, leur diversité et leur modernité.
Les grands axes de cette politique urbaine, totalement novatrice pour l’époque, résident dans l’équilibre du cadre de vie, la maîtrise foncière, l’amélioration des communications intra-urbaines et de l’hygiène dans la ville et la construction de nouveaux équipements : la gare d'un quartier Saint-Esprit « recréé » après son rattachement à Bayonne ; halles et abattoirs modernes ; salles d’asiles pour les jeunes enfants ; l'hôpital Saint-Léon ; l’église Saint-André ; démarrage du projet de lycée et d’alimentation hydraulique de la ville.
L'aménagement de la route de la Barre jusqu’à l’embouchure permit la création d’une longue promenade de Bayonne à l’Océan ; la revalorisation des Allées Boufflers déboucha sur la réalisation d’une prestigieuse façade sur l’Adour avec la construction de beaux immeubles. La construction en pierre des ponts sur la Nive et la percée de la rue Jacques Laffitte rénoveront complètement le cœur de Bayonne.