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Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir

In Mémoriam : Robert Courtade, ancien maire de Mouguerre, sculpteur

Robert Courtade "P. d’Elizaberry", dans son atelier – Le lustre "Betharam" , chapelle St-Michel Garikoitz

Robert Courtade "P. d’Elizaberry", dans son atelier – Le lustre "Betharam" , chapelle St-Michel Garikoitz

Ce samedi 18 juillet, les obsèques de Robert Courtade ont été célébrées en l'église de Mouguerre lors d'une très belle messe "St Pie V" avec chants grégoriens et accompagnée à l'harmonium par les talentueux organistes Bernadette Dufourcet-Hakim et son époux Naji Hakim (récent lauréat du Prix littéraire des Trois Couronnes).
C’est une remarquable personnalité spirituelle, artistique et civique qui vient hélas de nous quitter dans sa 90ème année, en la personne de Robert Courtade, connu également comme Paxkal d’Elizaberry, le quartier de Mouguerre où se situe sa propriété et l’un de ses ateliers de sculpture.

L’ancien maire de Mouguerre dans les années 1977, à l’époque où il n’hésitait pas à se battre pour protéger sa petite ville contre les intentions envahissantes de certains promoteurs encouragés par le Dr Henri Grenet, à l’époque maire de Bayonne et conseiller général…

Et encore en 2007, prêt à rengainer pour les mêmes raisons, en particulier "un urbanisme complice de la spéculation foncière" lors de l’implantation d’Ikea !
Et durant sa courte mandature municipale, affronté à une situation catastrophique laissée par l’équipe antérieure, Robert Courtade réussit à consolider la situation de Mouguerre, jusqu’à la fixation d’un siège pour la mairie, alors en pleine déshérence…


Mais c’est dans le domaine artistique et spirituel que sa destinée s’accomplit de manière la plus accomplie.
Né au Pays Basque en 1936, dans une famille de petits industriels, ses parents, amateurs d'art avertis, fréquentaient assidûment les milieux artistiques régionaux et parisiens.
Mieux qu'à des écoles dites de
Beaux-Arts, Robert Courtade dut sa formation à des artistes dont il fut dès sa jeunesse très proche, étudiant et travaillant avec eux, qui furent ses vrais maîtres : Roger Duffaure, qui s'était longuement réfugié dans son village durant la seconde guerre mondiale. Poète et illustrateur en France, il fut plus tard, en Espagne, un célèbre peintre et décorateur de théâtre ; l'abbé Jean-Pierre Urricariet, collectionneur, critique d'art ; et Raymond Georgein, son professeur de dessin, artiste peintre dont les œuvres ont été exposées dans de prestigieuses galeries tant à Paris qu'à l'étranger, en particulier en Chine.

Mais surtout, Robert Courtade / P. d'Elizaberry devint très jeune l'élève de Marixa (1914-1995), grand peintre figuratif contemporain reconnu internationalement et dont les œuvres figurent dans les plus grands musées de Paris à New-York : l’artiste l'avait aidé à développer sa sensibilité artistique en découvrant la diversité des langages de l'art, les théories de la composition, des formes et des couleurs.
Réalisant en autodidacte à l'âge de seize ans sa première sculpture, un « oiseau-avion », la sculpture devint à partir de 1956 le moyen d'expression artistique privilégié de P. d'Elizaberry, tout en débutant, plus tard, une carrière d'architecte d'intérieur et designer.

Comment ne pas me souvenir de l’article que j’écrivis il y a une quarantaine d’années dans l’hebdomadaire catholique régional « Courrier Français » sur sa réalisation luzienne (près de l’église St-Jean-Baptiste), la chapelle Saint-Michel-GarcoItz qu’il avait réalisée « en faisant appel à des matériaux typiques du pays, chargés de symboles et alliant la tradition de la côte à celle du Pays Basque intérieur d’où était issu le Saint : ainsi, la pierre extraite des carrières de La Rhune, qui sert d’autel, avait été taillée en forme de galet marin. Les vitraux, qui rappellent les proches ondes océanes, avaient été réalisés par Carrère sur des maquettes de l’artiste navarraise Marixa (…) P. d’Elizaberry était d’ailleurs allé sur les lieux, en pèlerinage, pour s’inspirer de la spiritualité du saint (…) Un lustre en forme de rameaux évoquait encore le nom de la congrégation créée par le Saint… »
Article illustré par des photos de mon filleul Guillaume Magrou.

Parmi ses innombrables réalisations, citons encore la restauration/rénovation de l’église Sainte-Marie à Anglet au début des années 90, et combien d’autres…

Privilégiant une certaine « attitude intérieure », P. d’Elizaberry avait délibérément pris parti en faveur de la beauté : « comment donc une œuvre d’art qui serait laide permettrait-elle , en l’homme, de faire vivre, respirer, instiller le goût d’assumer son existence, de vouloir la vie plutôt que rien, de susciter la joie ? »
Et de dénoncer « les nouveaux faux prophètes prétendument artistes, qui à travers des œuvres provocatrices, indécentes ou méprisantes, s’arrogent des droits dont ils ne devraient pas disposer, puisque, pour tout un chacun, la limite de ses droits se mesure par le respect des droits d’autrui, par le respect de l’autre ».

Marié, père de trois enfants, Pierre Courtade / Paxkal d'Elizaberry était chevalier de la Légion d'honneur.

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