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Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir

Festivités du 14 juillet : prise de la Bastille ou fête de l'ikurriña ?

Massacres "citoyens" sous la Révolution de 1789, par Alex. de La Cerda

Massacres "citoyens" sous la Révolution de 1789, par Alex. de La Cerda

À Bayonne, Anglet, Saint-Jean-de-Luz comme dans d’autres villes et villages de France, le 14 juillet sera "commémoré" par des feux d’artifice, bals populaires, etc. L’occasion de rappeler quelques détails historiques "incontournables" de ce 14 juillet ambigu : 1789 ou 1790 ?
Or, même si officiellement, c'est le 14 juillet 1790 - la Fête de la Fédération, moment fugitif et illusoire d’"union nationale" que l'on célèbre, le télescopage des deux dates prête très souvent à confusion.
Car, le 14 juillet 1789, ce sont des têtes qu
e l’on promène au bout des piques et dès cet épisode, la Terreur est en gestation, la culture politique conduisant à la Terreur étant présente dans la révolution française dès l'été 1789, lors de la prise de la Bastille qui inaugure le spectacle sanguinaire désormais inséparable de tous les grands épisodes révolutionnaires.

Ainsi, la "glorieuse" tradition républicaine et notre actuel Système, héritiers de la Révolution débutent l’histoire de notre pays en 1789 ; la Révolution a allègrement détruit entre le quart et le tiers de notre patrimoine, un crime imprescriptible autant contre l'Art qu’envers l'Humanité, car la cruelle déportation des Basques suivra en février 1794.

Auparavant, le mathématicien et astronome Jean Sylvain Bailly, premier maire de la Commune de ParEn fait, il n'y a jamais eu de "prise" de la Bastille le 14 juillet 1789, mais la perfidie d'une poignée d'émeutiers sanguinaires, brutes avinées, assassins et terroristes dans l'âme, lesquels, après avoir promis liberté et vie sauve aux quelques dizaines d'hommes présents dans le lieu, n'eurent rien de plus pressé que de les massacrer, de couper leurs têtes et de les promener dans les rues au bout de piques (de la Bastille, ne seront extraits que quatre faussaires, un libertin et deux fous, discrètement conduits, dès le lendemain, à Charenton).is nommé le 15 juillet 1789, n’avait-il pas, lui aussi, été décapité en novembre 1793 pour n’avoir pas témoigné "dans le sens citoyen prescrit" lors du procès de Marie-Antoinette ?

Et dans toute la France, des témoignages feront état « d’hommes émasculés ou coupés vivants en morceaux, d'autres jetés dans des fours, dans des brasiers ou dans des chaudrons d'huile bouillante, la graisse humaine étant récupérée pour lubrifier les canons, les roues des charrettes, les fusils. Ceux qui cherchent à s'enfuir auront les bras et les jambes coupés.
On introduisit des charges explosives dans le corps des individus en y mettant le feu, les femmes seront violées en série, si possible collectivement devant leurs familles, on les embroche avec des fourches, on éclate avec des fusils leurs organes génitaux.
Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs. Le ventre d'autres femmes enceintes est ouvert, on y met de l'avoine et on y fait manger les chevaux.
On rapporte un cas, celui d'un enfant au sein, transpercé par la même baïonnette que sa mère sous les applaudissements.
La peau des hommes est utilisée comme le cuir des animaux, après dépeçage des "brigands"…»

Les noyades forcées dans la Loire

Les noyades "républicaines" dans la Loire

Les noyades "républicaines" dans la Loire

Mandaté par la Convention nationale pour briser la révolte vendéenne par tous les moyens, Jean-Baptiste Carrier inventa la noyade en masse et mit au point la "déportation verticale" dans le fleuve, l’objectif étant d’éliminer rapidement et à moindres frais des condamnés trop nombreux...
Pour se faire la main, il ordonna à l’adjudant général Guillaume Lamberty et à la compagnie Marat, de noyer dans la Loire, le "fleuve républicain", 90 prêtres réfractaires emprisonnés à Nantes.
La méthode de la "déportation verticale" (embarquer les prisonniers attachés deux par deux sur des gabarres à la coque percée destinées à sombrer dans le fleuve) de trous ayant prouvé son efficacité, Jean-Baptiste Carrier décida de l’appliquer à grande échelle pour se débarrasser des milliers de Vendéens qui encombraient la prison de la ville : entre les derniers jours de 1793 et février 1794, de 1 800 à 4 800 victimes disparaîtront ainsi dans la Loire.

En revanche, au Pays Basque, on fêtera plutôt en ce 14 juillet la création, il y a 132 ans, de son drapeau ou ikurriña : sur fond rouge représentant la patrie des Basques, la croix de saint André verte symbolise les lois antiques, garantes des fors ou libertés coutumières - lege zaharrak -, le tout surmonté de la croix blanche en signe de foi chrétienne, « Jaungoikoa ».

L'ikurriña ou l'histoire d'un drapeau qui a gagné le cœur des Basques dans leur diversité

Sabino Arana Goiri, créateur de l’ikurriña – Les jeunes générations honorent le drapeau basque

Sabino Arana Goiri, créateur de l’ikurriña – Les jeunes générations honorent le drapeau basque

Il y a déjà quelques années, lors d’un 14 juillet, Jean Aniotzbehere, maire de Sare à l’époque, qualifiait « la révolution de 1789, si brutale et inhumaine pour le Pays Basque de France et ses trois provinces.
Les populations de nos villages qualifiées d’infâmes furent déportées pour leur manque de coopération dans la guerre contre l’Espagne en 1793, c’est-à-dire contre nos frères du Sud. Le roi guillotiné par des censeurs assoiffés de sang et la guerre contre tous les pays d’Europe, finalement pour la perdre. Notre Pays Basque fondu dans un département basco-béarnais, notre langue ancestrale, l’euskara, menacée de disparition par refus d’officialisation, et ses locuteurs longtemps considérés en citoyens de deuxième zone, avec mépris, méfiance et condescendance ».

Rappelons que c'est Sabino Arana (1865-1903), fondateur du PNV (Parti Nationaliste Basque) qui fit hisser pour la première fois, le 14 juillet 1894 au balcon de l'Euskaldun Batzokia à Bilbao, l'ikurriña qui deviendra le drapeau des Basques.

Poète et bertsulari, à l'origine de concepts auxquels il joignit de nouveaux noms, tels qu’abertzale (patriote), Euskadi (nation basque), ikurriña (le drapeau basque) et inventeur de nombreux prénoms encore utilisés aujourd'hui, comme Iñaki, Gorka ou Ugutz, le jeune Sabino Arana Goiri avait grandi sur la côte basque, scolarisé tour à tour à Saint-Jean-de-Luz, puis à Bayonne, car ses parents carlistes avaient dû se réfugier en Pays Basque nord (français).
Détenu à plusieurs reprises pour ses idées et ses déclarations, il contracta en prison des maladies qui le firent mourir prématurément, à l’âge de 38 ans.

Sa devise, "atzokoan finkatuz, gaur biharkoa eraikiz" (en se basant sur le passé, impulser aujourd'hui l'avenir) indiquait clairement qu'il s'agissait de s’instruire du passé pour construire l'avenir.

Une courte mais belle "épopée" qui a marqué durablement l’histoire du Pays Basque et ne mérite certes pas la qualification par quelque gaucho-grincheux de "l’ikurriña créée par le peu présentable Sabino Arana, une serpillière colorée patronnant des harangues de vestiaire"…

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