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Naji Subhy Paul Irénée Hakim est né à Beyrouth le 31 octobre 1955. Ancien élève du Collège du Sacré-Cœur de Beyrouth, Il souhaitait devenir musicien alors que son père voulait le voir poursuivre des études « sérieuses » - médecine, droit, ingénierie… Finalement, « un marché fut conclu » : le jeune Naji obtenait un diplôme d’ingénieur et son père l’aiderait pour ses études musicales !
En 1973, il joua sur l’orgue de l’église maronite Saint-Michel, et à la même époque, il se souvient avoir interprété l’Impromptu de Vierne devant André Marchal, alors en visite au Liban… Où peu après éclata la guerre civile.
Et en 1975, c’est sous les tirs des milices qu’il arriva à gagner Paris où chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il rencontrera sa future épouse au sein de la chorale qu’ils venaient d’intégrer, tous deux, au même moment, et elle de se présenter : « Je m’appelle Marie-Bernadette Dufourcet, je viens de Bayonne – d’ailleurs, ça s’entend ! Je fais de la musicologie à la Sorbonne et j’étudie l’arabe aux Langues orientales ».
Une vie comme un pizzicato
Finalement, après bien des péripéties, Naji put se faire admettre auprès de Jean Langlais, titulaire des orgues de Sainte Clotilde, qui prit également Marie-Bernadette comme élève, afin de les préparer, tous deux, à entrer au Conservatoire de Paris, où Naji étudiera auprès de Roger Boutry (harmonie), Jean-Claude Henry (contrepoint), Marcel Bitsch (fugue), Rolande Falcinelli (orgue), Jacques Castérède (analyse) et Serge Nigg (orchestration), remportant sept premiers prix.
Avant d’être lauréat d’une dizaine de premiers prix internationaux d’orgue et de composition !
En 1991, l’Académie des Beaux-Arts lui décernera le Prix André Caplet, et en 2009, il remporte le Premier Prix du Concours de Composition de Musique Sacrée de la Cathédrale de Monaco…
Mais auparavant, comment ne pas revenir aux débuts du séjour parisien du jeune étudiant libanais : « Un été, Marie-Bernadette Dufourcet m’invita à lui rendre visite dans son Bayonne natal »… Au bout de « huit heures de cahots ferroviaires », sa fiancée l’accompagna pour traverser « à pied les ruelles du Petit Bayonne » afin de rencontrer sa future belle-famille.
Et de « se souvenir avec intensité de cette ville : Bayonne, entre l’Adour et la Nive, avec ses maisons à colombages, ses toits de tuiles rouges, son air solide et franc comme un accord parfait. C’était beau, et cela me donnait à penser. Je revoyais alors, par contraste, le Liban de mon enfance – ses maisons de pierre taillée, ses arcades anciennes, son architecture aux toits pentus – tout ce patrimoine peu à peu effacé sous les assauts gris du béton ».
Quant à l’accueil dans la famille Dufourcet, il fut « royal, disons tsariste : j’étais reçu comme un prince russe en exil...
(…) Et c’est ainsi qu’en plus d’un amour, je découvris une famille… et une terre où l’on sait encore conjuguer l’accueil à l’imparfait du cœur ».
Par son livre, Naji Hakim a ainsi voulu « partager un parcours de vie aussi singulier qu’imprévisible : enraciné au Liban, il trouva en France non un refuge, mais un tremplin vers l’ailleurs ».
Sans oublier comment, par sa femme et ses enfants, il fut « doucement mais irrémédiablement happé par l’Espagne.
Ce pays, dont la lumière semble jaillir à la fois de la terre et des visages, a ensorcelé bien des artistes – Hugo, Glinka, Rimsky-Korsakoff, Stravinsky… et même Debussy qui, sans jamais y poser le pied ou presque, sut en révéler l’âme dans Soirée en Grenade, plus andalou encore que Grenade sous le vent du soir.
L’Espagne, elle, entre sans frapper – par le cœur.
Et si vous deviez en retenir une seule chose, ce serait peut-être celle-ci :
la vie, comme un pizzicato bien placé, ne résonne jamais autant que quand elle surprend ».
Organiste titulaire du Sacré-Cœur de Montmartre de 1985 à 1993, Naji Hakim succédera à Olivier Messiaen à l'église de La Trinité, peu de temps après le décès de celui qui en fut le titulaire durant 61 ans.
Olivier Messiaen, dont la veuve témoigna combien le maître aimait aller écouter au Sacré-Cœur « les belles exécutions et improvisations de Naji Hakim aux idées si originales et à la technique éblouissante. Ses interprétations des œuvres classiques étaient jouées dans un style très pur, avec une virtuosité surprenante et rayonnante !
Et lorsqu’on voyait descendre de l’orgue le virtuose, et que l’on se trouvait devant cet homme si jeune, si humble, si affectueux, et au sourire si spirituel, on ne pouvait que rendre grâce à Dieu ! »
Parmi la somme des compositions et de la discographie de Naji Hakim, je retiendrai pour ma part les « Arabesques » pour orgue et orchestre, avec un merveilleux « Rondeau » et qui s’achèvent en beauté sur trois danses basques : « Zortziko », « Ezpata dantza » et « Fandango ».
Il s’agit d’une trilogie discographique exceptionnelle réunissant trois albums orchestraux qui témoignent de la richesse de son langage musical, de la profondeur de sa foi et de son attachement aux cultures croisées / CD enregistré en 2025 par Naji Hakim à l’orgue, avec l’Orchestre symphonique tchèque à Prague dirigé par Johannes Skudlik / Disponible sur toutes les plateformes numériques via DistroKid :
https://distrokid.com/hyperfollow/najihakim1/basques-arabesques
Quant à son ouvrage « Une grâce persévérante », on peut se le procurer :
- dans sa version française :
https://www.lulu.com/fr/shop/naji-hakim/une-gr%C3%A2ce-pers%C3%A9v%C3%A9rante-autobiographie-musicale-spirituelle-et-familiale/paperback/product-yvkgmk5.html
- dans sa version anglaise – « An Enduring Grace » :
https://www.lulu.com/fr/shop/naji-hakim/an-enduring-grace/paperback/product-e76veqn.html
Et l'auteur de nous préciser qu'on peut également lui commander directement son ouvrage en lui écrivant à : mail@najihakim.com
« Je me ferai un plaisir de leur adresser un exemplaire signé, au même prix — comme un échange plus personnel ».