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Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir

In Memoriam : Jean-Marc Peulot, homme de médias et écrivain

In Memoriam : Jean-Marc Peulot, homme de médias et écrivain

C’est une grande perte pour le monde des médias et des Lettres : le décès de Jean-Marc Peulot, pionnier de la radio, journaliste apprécié de la télévision et auteur de romans, dont les obsèques seront célébrées ce mardi 3 février à 10h30 à la cathédrale Sainte-Marie d’Oloron.
Une énorme tristesse de perdre celui qui fut mon premier collaborateur à Radio-Adour-Navarre que j’avais créé en juillet 1978 à Biarritz, et un ami resté très proche et très fidèle quand il s’orienta vers la télévision.
Car ce grand et brun bé
arnais qui forçait la sympathie était tout autant homme de radio que de télévision, ayant participé à l'aventure des radios locales en crŽant sa propre radio, "La voix du Béarn", après Radio-Adour-Navarre.
Passionn
ément attaché à sa terre, à son particularisme, ses langues et ses traditions, son itinéraire à travers les rédactions régionales FR3 de Champagne, du Mans et du Limousin l'avaient finalement ramené en Aquitaine où l'on ne manqua pas de retrouver sa touche personnelle dans nombre d'émissions d'information.
Auteur d
e plusieurs romans, dont "Novae" où l'on ressentait des allusions au Pays Basque et à sa problématique, Jean-Marc Peulot avait également écrit "Villa-Trésor", recueil de lettres d'amour et d'espoirs déçus d'exclus et de sans-abris demeurés dignes dans leur pauvreté.

Et dans son roman « Viens ! Je t’inventerai une île », Jean-Marc Peulot, à la manière d’un peintre, rajoutait « quelques couleurs et un peu de poésie » à un monde dépourvu d’imagination, c’est à dire d’espoir. « Ce qui tue notre société », remarquait l’auteur dans son ouvrage, « c’est sa passivité. Des récepteurs, voilà ce que sont devenus nos gens, de bêtes récepteurs ! Ils n’émettent plus rien, ni pensée, ni jugement. Ils ne font que recevoir ce qu’on veut bien leur distiller : ils avalent tout cru le prêt-à-penser, le prêt-à-juger… du prédigéré ! »

« Rêver » s’intitulait déjà sur Radio Adour Navarre la première émission - faite de poésie mais aussi de reportages plongeant dans une réalité régionale souvent ignorée, voire malmenée - du tout jeune animateur-réalisateur béarnais qui avait sacrifié au profit d’une dévorante passion des ondes et au grand dam de ses parents, enseignants, ses années d’école normale à Lescar.

Or, dans « Viens ! Je t’inventerai une île », il s’agissait déjà, tel un reportage à l’écriture remarquablement scénique, d’une fine introspection au tréfonds de nos êtres et de la sordide violence qui les baigne parfois ; où, sur fond blanc-hôpital, une mort « noire, méchante et squelettique », appelée par l’incurable et terrible maladie, met à nu toutes les contradictions dont se nourrit la chair humaine, la tendresse, l’amitié, l’amour, la haine.
Entre « cascades de larmes salées » et « rires communicatifs », Jean-Marc Peulot avait goûté abondamment à ce « drôle de monde » complexe où « la-vie-est-une-co-mé-die ! » au cours d’une carrière fournie de rédacteur en chef de France 3, particulièrement en Aquitaine. Et d’un « portrait télévisé » de Nicole Péry brossé parmi ceux du Musée Bonnat au direct de l’inauguration du Bellevue rénové à Biarritz, sa production créative avait marqué les riches étapes du tournage d’un documentaire sur « Le Défi des paysans du Sahel » (deux prix internationaux) et l’écriture de « Villa Trésor », roman consacré aux nouveaux S.D.F...

Par-delà toutes les horreurs et les mesquineries côtoyées, l’homme de média poursuivit ainsi sa quête d’un monde meilleur, aux rivages aussi peu accessibles qu’une télévision véritablement locale en France, où chaque région, chaque culture, aurait naturellement sa place… Car, à l’exemple de « Viens ! Je t’inventerai une île », l’espoir était toujours inscrit en filigrane chez Jean-Marc : « Quand j’écris ces lignes, à la première personne, pour mieux m’identifier au héros du roman, je songe à l’homme qui défie la mort, sans bruit, avec toute la force et la sérénité de son grand cœur. Tandis que sa chair se déchire, lui, sourit. Il nous donne une leçon de bonheur ».

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