Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir
La plus ancienne crèche connue, trouvée à Syracuse en Sicile (vers 280)
Dans l'évangile de saint Luc, l'endroit où est déposé Jésus à sa naissance est désigné par « cripia », mot latin signifiant mangeoire et d'où provient le mot « crèche » qui s'apparentera à l'étable toute entière. Car, la tradition rapporte que la naissance du Sauveur eut lieu dans une grotte aménagée en étable comme il en existait beaucoup en Palestine à cette époque et où dès le IIIème siècle, les chrétiens vénérèrent une « crèche ».
Si les jeux liturgiques de la Nativité prenaient dès le XIème siècle la forme de pastorale et inspiraient saint François d'Assise pour représenter la toute première crèche avec l'âne, le bœuf et les moutons, c’est au XVIème que les crèches telles que nous les connaissons apparaissent dans les églises, les plus anciennes (celles de Prague) datant de 1562 alors qu’en Italie, elles comportent des statues colorées, parfois de taille humaine.
Au fil des siècles, les crèches se répandent dans les fastueuses demeures aristocratiques, en particulier à Naples où leurs personnages faits d'étoupe armée de fil de fer puis revêtus de riches étoffes ont des visages en terre cuite peinte d’où ressortent des yeux de verre.
En France également, constituées de petites figurines de verre, de porcelaine, de cire, de mie de pain ou de bois sculpté, elles entrent progressivement dans les maisons.
Et l'interdiction faite par la Révolution de présenter en public des scènes religieuses favorisera le développement de ces crèches domestiques ainsi que le commerce des petits personnages parmi lesquels bergers et bergères aux pommettes roses gardent leur costume du XVIIIème.
Par la suite, s'inspirant de la vie locale, les artisans façonneront des personnages typiques de leur région ou village, à l’image de la crèche provençale où figurent des « santons » en costume des métiers des années 1820 à 1850.
Le fait de raviver ces belles traditions permettra ainsi de participer à une saine réaction à l’étiolement, voire aux consignes d’abandon de nos racines les plus authentiques.
Le pape Benoît XVI n’affirmait-il pas aux enfants de Rome venus faire bénir les personnages de leurs crèches : « il ne suffit pas de répéter un geste traditionnel, même s'il est important. Il faut chercher à vivre en fait tous les jours ce que la crèche représente, c'est-à-dire l'amour du Christ, son humilité, sa pauvreté. La crèche est une école de vie, où nous pouvons apprendre le secret de la véritable joie. Celle-ci ne consiste pas dans le fait d'avoir beaucoup de choses, mais dans le fait de se sentir aimés par le Seigneur, en se donnant pour les autres et en les aimant ».