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La ville de Saint-Jean-de-Luz vient de dévoiler (la semaine dernière) la sculpture créée à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance Maurice Ravel et en hommage au génie musical du compositeur né à Ciboure. Un anniversaire qui a fourni l’occasion pour les Villes de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, avec le Syndicat de la baie et le CIAP les Récollets-Errekoletoak, de rendre un vibrant hommage à l’illustre compositeur né au bord de la Nivelle à Ciboure.
L’événement débuté le 7 mars, date symbolique en référence au jour de sa naissance, a proposé tout au long de l’année une programmation culturelle ambitieuse déclinant musique, avec en point d’orgue le Festival Ravel, expositions, théâtre, conférences ou encore arts circassiens.
Il s’est achevé dimanche dernier avec deux rendez-vous : le dévoilement d’une sculpture commandée par la ville de Saint-Jean-de-Luz en hommage au compositeur, suivi dans l’après-midi du spectacle « Ravel, entre rêves et notes » avec les formations luziennes Donibaneko Haitzeak, Estudiantina Donibandarrak, Les vies dansent, et Peña Almonte sur des textes originaux de Gianmarco Toto au Centre culturel Peyuco Duhart.
« Nous avons souhaité, avec mon adjointe à la culture, Laurence Ledesma, qu’il reste aussi une trace de cet événement. Nous avions d’ailleurs été sollicités par des riverains du quartier qui s’étonnaient qu’il n’y ait aucune œuvre sur le domaine public rendant hommage à Maurice Ravel. Ravel est partout à Saint-Jean-de-Luz : une place Maurice Ravel, un lycée et un collège Ravel, une salle Ravel à la mairie. Mais pas de statue ou de sculpture de l’illustre compositeur.
C’est aujourd’hui chose faite ! », avait annoncé le maire de Saint-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen.
Une œuvre d’art créée en hommage à Maurice Ravel
L’occasion pour Saint-Jean-de-Luz de réaffirmer son lien profond avec l’un des plus grands compositeurs français. L’acquisition et l’installation d’une sculpture en hommage à son génie musical, sur le square Dunant face à sa maison natale sur la rive opposée de la Nivelle, marque la reconnaissance de la ville envers un héritage culturel d’exception.
Une consultation avait ainsi été lancée au printemps dernier avec pour objectif de créer une œuvre en lien direct avec le compositeur ziburutar, sa musique, son héritage et sa ville d’adoption, Saint-Jean-de-Luz ; et parmi les 12 artistes qui y avaient répondu, c’est le sculpteur Romain Tiercin qui avait été retenu pour cette mission.
« L’acquisition d’une œuvre d’art installée sur le domaine public affirme notre volonté non seulement de rendre hommage au compositeur mais aussi de rendre l’art accessible à tous. Le choix du site, face à la maison où il a vu le jour, replace Ravel à portée de regard et d’émotion rappelant ses liens forts noués avec Saint-Jean-de-Luz comme avec Ciboure.
L’œuvre de Romain Tiercin, par sa sensibilité et sa modernité, rend un hommage à la fois sobre et puissant au compositeur. Elle dialogue avec l’architecture et le paysage, tout comme la musique de Ravel dialoguait avec les traditions et les innovations de son temps.
Cette sculpture invite à la contemplation, à l’écoute intérieure, et à (re)découvrir le compositeur et son œuvre.
En cette année anniversaire, Saint-Jean-de-Luz ne se contente pas de commémorer : elle célèbre, elle rayonne, elle transmet. Cette sculpture est un symbole fort de cet engagement », indiquait Laurence Ledesma, adjointe au maire déléguée à la culture.
« En inaugurant aujourd’hui cette sculpture, nous affirmons notre attachement à la culture vivante, à la création contemporaine et à la transmission. Car rendre hommage à Ravel, c’est aussi encourager les artistes d’aujourd’hui à inventer, à oser, à chercher la beauté dans le monde qui nous entoure », avait conclu le maire de Saint-Jean-de-Luz
L’artiste retenu, Romain Tiercin, installé en Ariège, a été particulièrement sensible à ce projet. « Je suis violoncelliste à mes heures perdues ; j’ai baigné dans la musique toute ma vie. Elle m’a aidé à développer mon sens artistique car je suis devenu sculpteur plus tard, en 2020 » explique-t-il. Le sculpteur, connu pour ses œuvres monumentales en bronze et en bois, a tenu à rendre Maurice Ravel plus contemporain : « Je ne voulais pas faire un simple buste posé sur une sellette en béton. J’ai reconstitué une portée de musique, comme une spirale bien ancrée au sol et qui pointe ensuite vers le ciel pour symboliser la musique de Ravel qui transperce le temps » indique Romain Tiercin.
L’artiste aime travailler le bronze et le bois. « Pour cette œuvre, j’ai choisi l’inox - pour ce qui est de la portée de musique - et le bronze pour les notes et le buste. On retrouve mes marqueurs. J’aime jouer avec le vide, la légèreté. J’aime les œuvres aériennes, tout en finesse. Cette œuvre est, selon moi, davantage une composition architecturale » note Romain Tiercin, en ajoutant : « Je suis très flatté de la confiance que m’accorde la mairie pour cette création » a reconnu l’artiste qui expose en France et à Monaco.
À l’occasion du dévoilement de la sculpture, deux musiciens de l’école de musique (Kozue Kobayashi, professeur de piano de l'école de musique municipale, et son élève Julen Lalanne) ont interprété trois extraits de « Ma mère l'oye » de Maurice Ravel : « pavane de la Belle au bois dormant » (à 4 mains), ainsi que « Laideronnette, impératrice des pagodes » et « Le jardin féerique » (solo Kozue).