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La Société des Amis du Musée Basque recevra jeudi 13 novembre à 18h (salle Xokoa au Musée Basque) l’académicien basque Xarles Videgain, responsable de publication du Bulletin du Musée Basque, pour une conférence intitulée : "Mugako hitzak - Muga : autour de la notion de frontière" (en basque avec traduction simultanée, avec le soutien de l'Institut Culturel Basque)
Réservation auprès du Musée Basque : tél. 05 59 59 08 98
Il s’agit de rappeler les différents signifiés de la frontière, frontière linguistique, frontière d’État, limite entre pièces de terre ou entre voisins, à partir de mots fort divers en basque et dans les langues voisines qui désignent ces réalités. La frontière peut être séparation, passage, conflit, accord : à preuve, rappelons comment la cité de Carthage fut fondée à partir d’une peau de bœuf ou bien comment Bayonne marqua sa frontière en 1343 au pont de Proudines sur la Nive. Cartes et illustrations serviront à représenter les frontières sur le registre du réel, du symbolique, de l’imaginaire. Seront ainsi convoqués parmi bien d’autres, les mots qui sont liés à la frontière tels que seuil, chasse, marche, barre, divan, xede, muga, xaxa, pezoin, txakoste ou baluart.
Mahain harria, la table des faceries
À ce propos, je me souviens avoir assisté en 1979 à la signature en présence de Paul Dutournier, alors maire de Sare et président du Biltzar du Labourd, d’Andde Luberriaga, maire d’Ascain et des délégués d’outre-Bidassoa du traité de faceries entre Bera de Bidassoa, Etxalar, Ascain, Biriatou, Urrugne et Sare déterminant les droits de pâture sur le domaine public (ci-dessus, ma photo reprise en sept. 1994 dans l’hebdo régional qui venait d’être créé par Roland Machenaud). Une signature opérée traditionnellement sur la « Mahain harria » (table de pierre, à l’époque récemment restaurée), sorte de menhir renversé touchant à la borne R36, au col de Lizuniaga, à cheval sur la frontière.
Et comment ne pas me rappeler la figure érudite du géographe Jean Sermet, remarquable spécialiste des bornes et autres pierres frontalières pyrénéennes, également Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Jeux Floraux à Toulouse dont il m’avait fait membre en mai 2000 (sur la recommandation du marquis Guy d’Arcangues).
Ni celle d’un autre éminent spécialiste de ces bornes pyrénéennes qu’était Jacques Descheemaeker, « passionné de la frontière basque qu'il parcourait infatigablement d'un mont ou d'une borne à l'autre, de l'Océan à l'Aragon » comme le relatait le saratar Jacques Antz qui l’avait accompagné plus d’une fois sur La Rhune.