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Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir

Les salines d’Iparralde et les Thermes Salins de Biarritz par Alexandre de La Cerda

Les salines d’Iparralde et les Thermes Salins de Biarritz par Alexandre de La Cerda

COUVERTURE : la reine Amélie de Portugal aux Thermes Salins de Biarritz

Samedi dernier, l’Association Accueil à l’Abbaye de Belloc avait organisé une journée découverte sur      "Les salines d’Iparralde – une aventure méconnue" avec Jean Marie Flament. L'occasion de revenir sur cet épisode souvent oublié de notre histoire régionale.

 

Dans son livre « Les sources salines de Briscous », le Beskoitzar Henri Duhau (originaire de Briscous) avait relaté cette aventure du sel commencée en 1831 avec William Keene qui décrivait ainsi sa découverte des sources salées de Briscous le 29 septembre 1832, soit 11 ans après les faits, lors de sa demande de concession au gouvernement :

« Jusqu’en 1832, l’existence des sources salées des environs de Bayonne n’était bien connue seulement que des paysans des endroits où ces sources perçaient le sol, dans des lieux presque inaccessibles. Un trou creusé à deux ou trois pieds de profondeur servait pour y puiser de l’eau que l’on employait pour la cuisson des aliments. À Briscous même, un paysan intelligent avait descendu une barrique en terre et puisait journellement de quoi faire quelques kilogrammes de sel dans une chaudière ordinaire ; il vendait ce sel dans les environs de Bayonne en évitant la rencontre des employés des Contributions ou de la Douane.

À cette époque, j’habitais à Mousserolles, faubourg de Bayonne sur le chemin de ces sources ; et un jour, ayant entendu des pleurs dans le corridor de ma maison, je sortis et je vis une femme qui me supplia de lui acheter une corbeille de sel, parce que, disait-elle, la Douane était à sa poursuite et elle craignait d’être arrêtée.

La beauté du sel attira mon attention et, en le touchant, je le trouvais tout chaud, comme s’il venait d’être fait. N’ayant jamais entendu parler d’aucune fabrique de ce genre dans le voisinage, ma curiosité fut excitée ; je questionnais les habitants sur la position de ces sources et je me livrais moi-même à l’exploitation de la vallée de Briscous, où je reconnus la présence d’un gisement de sel ».

Les salines d’Iparralde et les Thermes Salins de Biarritz par Alexandre de La Cerda

Henri Dufau, l’auteur des “Sources salées de Briscous” honoré par l’académie basque Euskaltzindia

 

Les Thermes Salins de Biarritz (1892 - 1968)

S’ensuivront soixante ans d’exploitation d’un minéral de première qualité, puis soixante ans pour tirer parti des eaux salées qui feront à l’époque la renommée de Biarritz.

Car, inaugurés en 1892, les Thermes Salins de Biarritz recevront (grâce à une canalisation de 20 km) des eaux salées des sources situées à Briscous qui débitaient environ un million de litres par 24 heures. Leurs eaux renferment 408 gr. de sels minéraux, par litre, dont 295 gr. de chlorure de sodium, 4 gr. 7 de sels de magnésium et 0 gr. 167 de bromures alcalins.

Les eaux contiennent une certaine quantité de matières organiques, ce qui leur communique, suivant l’expression du professeur Landouzy, "une onctuosité spéciale et témoigne de leur nature organisée et vivante".

Complémentairement aux eaux de Briscous, les Thermes-Salins de Biarritz disposaient des "eaux-mères constituées par des eaux résiduelles contenant 266 grammes par litre de sels de magnésium", soit un "médicament naturel d’une thérapeutique très active"...

D'après La Gazette de Bayonne du 21 avril 1937 :

« Par ses effets sur la nutrition et les échanges azotés qu’il augmente, c’est un grand modificateur du terrain, un tonique puissant.
Au point de vue local, c’est un résolutif, un régulateur des fonctions menstruelles (« emménagogue »).
L'établissement des Thermes Salins, exploité par la Compagnie des Thermes Salins de Biarritz, comprenait:

Un grand bâtiment avec 60 salles de bains de première classe, 40 salles de bains de deuxième classe, 6 salles de douches et 2 salles pour massage sous l'eau, un salon de lecture et les bureaux de la direction.

Un bâtiment en forme de tour, faisant corps avec le premier et renfermant les appareils de chauffage des eaux destinées aux bains et douches.

Un bâtiment comprenant d'une part : deux chaudières à vapeur de 50 m2 de surface de chauffe chacune, ainsi que les appareils de commande des diverses distributions de vapeur, et d'autre part une buanderie avec bassin à laver, une machine à laver, une essoreuse, un moteur électrique de 3 chevaux et un séchoir à vapeur pour le linge.

Le parc d'agrément, très agréable et bien situé.

Le tout formant un enclos muré et grillé, d'une superficie de 9 501 m2, entouré de voies publiques de tous côtés, et situé dans l'un des quartiers les plus recherchés de la ville.

En dehors de cet enclos et une distance, par la route, d'environ 600m, une parcelle de terrain, avenue Lahouze d'une contenance de 2 356 m2, sous laquelle sont construits deux bassins en béton armé, destinés à recevoir l'approvisionnement d'eau salée nécessaire au fonctionnement de l'établissement thermal.

Rachetés par une compagnie immobilière malgré les efforts du maire Guy Petit pour les conserver, les Thermes Salins seront détruits en 1968 pour y construire la résidence "Reine Nathalie de Serbie".

 

 

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