Concerts, conférences, musiques, expositions, cinéma, littérature, poésies, philosophie, spiritualité, critiques artistiques, patrimoine, gastronomie et actualités culturelles : parce qu'un média libre n'a pas de prix, le site Baskulture et La Lettre du Pays Basque ont été créés pour rappeler le passé et éclairer l'avenir
Le 25 mars 1995, le pape Jean-Paul II publiait l’encyclique Evangelium Vitae sur le respect de la vie humaine.
30 ans plus tard, Choisir La Vie édite avec Mgr Marc Aillet un fascicule court, percutant et plein d’espérance reprenant une conférence donnée par l’évêque de Bayonne en 2005, à l’occasion du 10ème anniversaire de l’encyclique.
L’objectif est de rappeler l’actualité d’Evangelium Vitae alors que le processus de développement des lois et réglementations portant atteinte à la vie humaine s’accélère : ainsi, le député de Charente-Maritime (La Rochelle-Ré), Olivier Falorni, avait remis à Emmanuel Macron à son arrivée aux Assises de la mer une lettre lui demandant de ne pas laisser s’éteindre le débat sur la fin de vie...
Quant à la commission des Droits de la femme du Parlement européen, elle avait récemment voté par 26 voix contre 12 en faveur de la création d’un mécanisme permettant « d’aider les femmes contraintes de se rendre à l’étranger pour interrompre leur grossesse ». Le Parlement européen votera en décembre une résolution sur le sujet, qui sera transmise à la Commission.
Aussi, le texte de Mgr Aillet « réveille » en invitant à être sans relâche des défenseurs de la vie. Après avoir rappelé avec quelle autorité exceptionnelle saint Jean-Paul II s’exprime, Mgr Marc Aillet redit qu’aujourd’hui il est indispensable d’éduquer nos contemporains à la vie intérieure par nos paroles et nos exemples afin d’éclairer leur conscience et d’oeuvrer pour la civilisation de l’amour et de la vérité !
« C’est par la voie de l’intériorité, dont tant de nos contemporains sont privés …que l’homme moderne redeviendra capable d’entendre et d’écouter la voix du Seigneur qui retentit dans l’intime de sa conscience. »
À nous d’entendre à nouveau l’appel de Saint Jean-Paul II : “À tous (…) j’adresse le plus pressant des appels afin qu’ensemble nous puissions donner à notre monde de nouveaux signes d’espérance, en agissant pour que grandissent la justice et la solidarité, et que s’affirme une nouvelle culture de la vie humaine, pour l’édification d’une authentique civilisation de la vérité et de l’amour.” (Citation : Evangelium Vitae).
On peut télécharger et commander ce livret en cliquant sur ce lien https://choisirlavie.fr/campagnes/
Pour des commandes au-delà de 50 exemplaires, écrire à info@choisirlavie.fr
La note Ratzinger
Rappelons encore la note émise en 2004 par le cardinal Ratzinger, à l’époque préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : le futur pape Benoît XVI avait alors transmis aux évêques (américains) une note contenant les « principes généraux » sur la question des catholiques occupant des fonctions publiques et soutenant une législation autorisant l'avortement ou l'euthanasie
Le document signé par le cardinal Ratzinger quelques mois avant son élection au pontificat était une lettre privée aux évêques.
Plus tard, en mai 2021, à la lumière de la Note doctrinale du cardinal Ratzinger, les chrétiens étaient appelés «à se dissocier d'une conception du pluralisme dans la clé du relativisme moral, nuisible à la vie démocratique elle-même, qui a besoin de fondements vrais et solides, c'est-à-dire de principes éthiques qui, par leur nature et leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas négociables», réaffirmait avec fermeté le cardinal Ladaria, successeur du cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
- L’Église enseigne que l’avortement et l’euthanasie sont des péchés graves. La lettre encyclique Evangelium vitae, qui se réfère aux décisions judiciaires ou aux lois civiles qui autorisent ou font la promotion de l’avortement ou de l’euthanasie, affirme clairement qu’il y a une « obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. […] Dans le cas d’une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l’avortement ou l’euthanasie, il n’est donc jamais licite de s’y conformer, ‘ni … participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni … donner à celle-ci son suffrage’ (§ 73). Les chrétiens, de même que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu. En effet, du point de vue moral, il n’est jamais licite de coopérer formellement au mal. […] Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté d’autrui, ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert » (§ 74).
- Concernant le péché grave d’avortement ou d’euthanasie, quand la coopération formelle d’une personne devient manifeste (ce qui, dans le cas d’un homme politique catholique, s’entend par le fait de faire régulièrement campagne pour des lois permissives en matière d’avortement et d’euthanasie), son pasteur devrait s’entretenir avec lui pour l’informer de l’enseignement de l’Église, l’informer qu’il ne doit pas se présenter pour recevoir la sainte communion tant qu’il ne met pas fin à sa situation de péché objective et l’avertir qu’autrement, on lui refusera l’Eucharistie.
Toutefois : « Un Catholique se rendrait coupable de coopération formelle avec le mal et serait donc indigne de se présenter lui-même pour recevoir la sainte communion s’il votait délibérément pour un candidat précisément à cause de la position permissive de ce candidat en matière d’avortement ou d’euthanasie.
Lorsqu’un Catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement ou de l’euthanasie mais vote pour ce candidat pour d’autres raisons, il s’agit d’une coopération matérielle éloignée, qui peut être permise en présence de raisons proportionnées ».
Aux USA : trafics douteux à base d’avortements
À titre de (noire) « illustration », indiquons qu’aux Etats-Unis depuis deux mois, la polémique monte sur des agissements de la branche américaine de la Fédération internationale du Planning Familial, Planned Parenthood Federation of America, après la diffusion de reportages montrant que cette association céderait avec contrepartie financière des organes de fœtus avortés à des cliniques pour la recherche médicale.
Des enquêteurs du Center for Medical Progress se présentant comme des journalistes travaillant sur l’éthique médicale s’étaient fait passer pour des acheteurs d’organes de fœtus avortés. Ils ont filmé, en caméra caché en 2014, des responsables du Planning familial américain expliquant le transfert d’organes de fœtus avortés contre de l’argent ; des pratiques et déclarations contenues dans cette vidéo par les protagonistes de ces trafics qui ont horrifié une bonne partie de l’opinion publique américaine.
Rappelons que le Planned Parenthood Federation of America gère 700 cliniques qui pratiquent des avortements, y compris des avortements tardifs autorisés par la loi américaine. Cet organisme agit avec des fonds privés mais reçoit des subventions publiques pour ses activités d’information sur la planification des naissances et la contraception qui représentent 40% de son budget.
Fin de vie : Attali or not Attali ? Voyez « Libé »…
Un éditorial de Yaël Goosz l’année dernière sur France Inter
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique/l-edito-politique-du-mardi-02-avril-2024-3533888
pourfendait littéralement la position des évêques de France, en particulier l’article de Mgr de Moulins-Beaufort dans « La Tribune-dimanche » regrettant l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, et celui de Mgr Rougé dans « Le Point » dénonçant une « société qui constitutionnalise la culture de mort ».
Soucieux dans nombre de ses éditoriaux de ne surtout pas s’éloigner des « directives d’Emmanuel Macron » ni de l’idéologie « woke-mondialiste » qui l’inspire, le chef du service politique de la radio d’État financée sur nos impôts dénonçait ainsi « une Eglise qui, faute de relais moins « dogmatiques », a toujours du mal à vivre dans son temps… ».
La question revient donc « d’actualité » depuis que l’on tente d’établir un « paravent sociétal » à base d’avortement et d’euthanasie pour détourner l’attention de la faillite économique dans laquelle patauge la France, agrémentée d’une sécurité du quotidien – cadre de vie – toujours plus précaire...
Je me souviens d’avoir moi-même évoqué les déclarations à ce sujet du « grand gourou » sociétal et politique qui anime nos dirigeants et inspire nos « moralistes », en l’occurrence Jacques Attali : c’était dans un de mes éditos d’il y a une quinzaine d’années, publié dans l’hebdomadaire régional - lorsqu’il avait encore de la consistance et « quelque sens » !
Or, en fouillant sur Internet, je tombe sur cet article du quotidien « Libération » publié le 12 octobre 2018 sous la signature d’Emma Donada, qui infirme « la rumeur selon laquelle Jacques Attali promeut l’euthanasie des personnes âgées très répandue dans de nombreux sites et vidéos sur le Net ».
Et à l’appui de ses dénégations, que cite donc mon estimée consœur de « Libé » ?
Et bien, « un recueil d'entretiens mené par Michel Salomon sorti il y a près de 30 ans, en 1981, et intitulé «l'avenir de la vie» ( coll. Les Visages de l'avenir, ed. Seghers) auquel l'essayiste (Attali) avait participé ».
Et d'admettre qu'on retrouve bien une phrase concernant les personnes de plus de 65 ans. Jacques Attali est alors interrogé par Michel Salomon sur l'allongement de la durée de la vie, et voici la réponse d'Attali :
[…] dès qu'on dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte alors cher à la société. D'où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l'objectif ne va plus être d'allonger l'espérance de vie, mais de faire en sorte qu'à l'intérieur même d'une durée de vie déterminée, l'homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en termes de coûts pour la collectivité ».
Quelques lignes plus loin, il écrit : « en effet du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s'arrête brutalement plutôt qu'elle ne se détériore progressivement ».
Et d'ajouter : « je suis pour ma part, en tant que socialiste, objectivement contre l'allongement de la vie parce que c'est un leurre, un faux problème ».
«L'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté et la liberté fondamentale, c'est le suicide ; en conséquence le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.
Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d'éliminer la vie lorsqu'elle sera trop insupportable, ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l'euthanasie, qu'elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera un des règles de la société future», imaginait donc Jacques Attali en 1981.
Nos lecteurs déduiront eux-mêmes ce que l’on peut penser des propos de Jacques Attali énoncés il y a plus de 40 ans…
Actuellement, leur auteur - dont « Le Monde » indiquait par ailleurs « qu'il flirte avec le pouvoir depuis l'ère Mitterrand » (30 juin 2023) -, inspire autant nos dirigeants et « influenceurs » divers, en étant âgé de… 82 ans !
Pour ma part, je me référerai plutôt au nouvel ouvrage "L’Église au secours de la conscience" de l’évêque de Bayonne, Mgr Aillet, ainsi qu’aux réflexions de Mgr Bruno Feillet, évêque de Séez, alertant à son tour contre le danger d’une loi légalisant l’aide active à mourir :
« C’est pour moi un mystère de constater que depuis près de 50 ans, la législation grignote toujours un peu plus le respect de la vie. D’où vient-il que nous n’aimions pas la vie des plus faibles ? Ou, pour le dire autrement, comment se fait-il que nous préférions notre propre vie à celle des plus fragiles ? »