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Musée Basque de Bayonne : Wilhelm v. Humboldt, un découvreur des Basques et de l’euskara

Wilhelm v. Humboldt - présentation de l’exposition au Musée Basque - La Bidassoa, Musée de la Malmaison

Wilhelm v. Humboldt - présentation de l’exposition au Musée Basque - La Bidassoa, Musée de la Malmaison

"Wilhelm von Humboldt et le Pays Basque en 1800", tel est le sujet de l’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée Basque de Bayonne (visible jusqu’au 10 janvier à l’Espace Errobi).
Wilhelm von Humboldt (1767-1835), linguiste, philosophe et haut fonctionnaire prussien, traverse le Pays Basque à l’occasion d’un voyage à Madrid en 1799. Cette découverte agit en lui comme une révélation. Pris de passion pour ce territoire, sa langue et ses habitants, il en fait l’un de ses principaux sujets d’étude dans ses recherches sur les liens entre peuple, langue et nation.

Il revient au printemps 1801 pour deux mois d’enquête et de rencontres, des deux côtés de la frontière, après avoir préalablement parcouru toutes les connaissances accumulées sur l’histoire et la langue de ce territoire. Ces deux mois d’immersion ont été consignées dans un récit, Die Vasken (Les Basques), publié bien après sa mort, au XXe siècle, et traduit en français pour la première fois en 2025.

Les Basques est une enquête anthropologique et culturelle exceptionnelle. Par sa précocité, donnant à voir un Pays Basque peu connu, bien avant les évolutions et la multiplication des représentations de la seconde moitié du XIXe siècle. Par la précision de l’analyse d’Humboldt et par l’ampleur du panorama qu’il dresse. Par la force de son témoignage sur la spécificité des Basques, qui associe la langue, l’histoire et les modes de vie : "La seule chose qui s’impose à l’observation et l’analyse comme incontestable et indéniable c’est que tous les Basques forment une seule et même nation". Par la fibre sensible, enfin, qui parcourt ces lignes et imprègne son regard. Un sentiment qui enveloppe tout son récit et fait de ce texte, selon les mots de Joxe Azurmendi : "Un monument de respect et d’amour".

Un récit de voyage pas comme les autres : l’œuvre d’un précurseur

Sa rencontre avec les Basques a suscité en lui un enthousiasme puissant et durable, dont son texte porte l’écho. Charmé par cette terre, émerveillé par ses habitants, par leur histoire, leur tempérament et leur attachement à leur identité culturelle, à leur « nation », Humboldt ne fit pas de mystère de son engouement et de son affection : « Je ne saurais me flatter de parvenir à esquisser une description de la nation Basque qui ressemble à l’image qui s’en est empreinte pour toujours dans mon âme. Mais si c’était le cas ne serait-ce que partiellement, () je serais alors parvenu à lui dresser un monument qui, bien que peu digne d’elle, correspondrait néanmoins au respect et à l’amour qu’elle m’a inspiré à un degré si élevé ! ».
Et dans une lettre qu’il envoya à Germaine de Staël, évoquant son second voyage au Pays Basque dans lequel il voyait une sorte de réplique des cités grecques antiques, Humboldt affirmait « Mon voyage a parfaitement rempli mon but. J’y ai puisé l’instruction que j’y cherchais et ce qui plus est, j’ai passé quelques semaines bien douces dans un païs beau et pittoresque et parmi un peuple bon, loyal, hospitalier et plus éclairé qu’on ne le suppose ordinairement (...) Je n’ai étendu mes courses en Espagne que jusqu’aux confins de la Castille mais j’ai parcouru toute la Biscaye et tout le pais Basque de la France. (Excepté quelques cantons de la Suisse) les Biscayens sont la seule nation qui au milieu de peuples tout à fait différens ont conservé leur originalité primitive ».

Son texte constitue le premier témoignage global sur le peuple basque, de part et d’autre de la frontière, la plus ancienne archive qui nous permette aujourd’hui de voir ces femmes et ces hommes dans leur quotidien et leur environnement, à l’aube du monde moderne.

L’exposition qui accompagne cette traduction porte une double ambition. D’une part faire connaître l’apport historique déterminant d’Humboldt, en s’efforçant de redessiner, à travers son regard, le visage du Pays Basque en 1800. D’autre part s’intéresser à la résonance contemporaine de ce texte, par le biais des interprétations et lectures que peuvent en faire des jeunes aujourd’hui, qui le confrontent à leurs préoccupations et à leur expérience du territoire.

À cette fin, le choix a été fait de ne prendre en compte qu’une partie du texte, celle portant sur ses observations de terrain en les rassemblant en quatre sections : paysages et atmosphères, sites et lieux, le caractère national, les Basques au quotidien.

L’essentiel de cette matière provient des collections du Musée Basque, dont cette exposition souligne indirectement la grande richesse et la diversité.
Quelques trésors ont été sortis des réserves pour l’occasion : les éditions originales des livres compulsés par Humboldt, des manuscrits du XVIIIe siècle, un large ensemble de dessins d’Alexandre Millin Duperreux du début du XIXe siècle, des registres des délibérations du Biltzar du Labourd au XVIIIe siècle, des dessins de Viollet-le-Duc et des tableaux d’Alexandre Millin Duperreux.

Musée ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis, jeudis matins et du 17 au 19 juillet (Fêtes de Bayonne) Ouvert le 15 août. Les jeudis : de 13h à 20h (gratuit de 18h à 20h).

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