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20 août 1682. La flotte royale bombarde Alger, nid de pirates barbaresques écumant les côtes européennes, brûlant les villages et emmenant de nombreux esclaves, les ex-voto des églises de Biarritz et de Capbreton en témoignent abondamment.
Car à cette époque, aux XVIème et XVIIème siècle, les esclaves européens razziés par les barbaresques furent plus nombreux que les Noirs déportés aux Amériques. Montés sur des navires rapides et bien armés, les maghrébins sillonnaient les mers, faisaient la chasse aux embarcations qu'ils rencontraient, les pillaient, massacraient ceux qui résistaient et conduisaient les autres en esclavage.
Ces événements ne se limitant pas à la Méditerranée, notre région n’était pas épargnée. Les églises Saint-Martin à Biarritz et Saint-Nicolas à Capbreton rappellent ces sombres épisodes et les rançons payées aux pirates maghrébins pour libérer les marins biarrots réduits en esclavage après leur capture. Par exemple, dans le livre de Monique Rousseau sur l’église et le cimetière Saint-Martin à Biarritz : « la communauté de Biarritz accorde 200 livres à la femme de Pétriquo pour régler une partie de la rançon de son mari captif en Barbarie, c-à-d en Afrique du Nord.
Egalement, divers prêts et le produit des quêtes aux offices contribuèrent au rachat de Pierre de Burgaronne et d’autres Biarrots. En 1787, la veuve de Barthélemy de Gramont lègue 30 livres pour la libération des prisonniers ».
Il y eut aussi des jeunes (de 13 à 28 ans) Capbretonnais esclaves des barbaresques pour lesquels on a gardé la trace d'offices funèbres et d’une confrérie des Captifs chargée de récolter les fonds pour libérer les otages avec des récipients destinés à recueillir les dons. La plus connue, la Confrérie de Notre-Dame fondée en 1492 en l'honneur de N-D de Pitié, patronne des marins de Capbreton et les prières se faisaient autour de la Piéta actuellement sous le porche de l’église de Capbreton, où on peut encore voir des plaques qui rappellent la destinée d’un moussaillon prisonnier des Maghrébins et mort à l’âge de 13 ans, et de pas mal d’autres. Saint Vincent-de-Paul écrivit le 17 octobre 1653 au, consul français à Alger : "Je vous prie de me mander ce que vous avez fait pour les esclaves desquels je vous ai envoyé les Rédemptions, savoir pour quatre de Capbreton nommés Beauregard, Desené, Campan et Douslieux..."
Et le sort de ces esclaves biarrots ou capbretonnais n’était pas enviable : avant d’être attelés à des tâches particulièrement dures aux galères ou à l’extraction de pierres, ils avaient subi des coups à l’aide de cordes à nœuds et des humiliations telle que l’obligation de se dénuder et de défiler devant leurs nouveaux maîtres pour être mieux soumis.
Dans les oasis, l'esclave était surtout utilisé pour creuser les puits et les canaux d'irrigation. Il travaillait du coucher au lever du soleil et recevait en échange un plat de couscous.
A la fin du XVIIIème siècle, la moitié des esclaves chrétiens d’Alger vivaient dans des bagnes publics. Les conditions d’existence y étaient extrêmement dures : il y régnait un climat de violence, notamment sexuelle.
L’espoir de libération pour tous ces prisonniers chrétiens en Afrique du Nord, c’était, entre autres, l’ordre religieux des Trinitaires qui récoltait des aumônes pour le rachat des esclaves européens et se rendait en Afrique du Nord pour s’assurer de leur libération. Les Trinitaires étaient d’ailleurs, pour cette raison, présents à Biarritz comme en d’autres ports de la côte basque. Tout comme l’œuvre créée par Saint Vincent de Paul s’efforçait d’adoucir leur sort et de rétablir un lien avec les familles des esclaves.
L’invention du jeune Bas-Navarrais aida la flotte royale à réduire le nid d’esclavagistes algérois
Les assaillants utilisèrent les galiotes à bombes qui permettaient de tirer des projectiles à plus de trois kilomètres dans l'axe des navires. Leur inventeur, Bernard Renau d’EIiçagaray (dit Petit-Renau), avait à peine trente ans !
Issu d'une famille de cordonniers et placé très jeune comme domestique dans des familles bourgeoises qui avaient contribué à son éducation, ses études de mathématiques lui permirent une brillante carrière de marin et d'ingénieur sous Louis XIV.
Membre de l'académie des sciences, il œuvra dans la construction navale à Brest, participa aux inspections des flottes en Espagne, au siège de Gibraltar et à la défense de Cadix avant d’être nommé lieutenant général des armées royales en 1716.
Trois siècles plus tard, tout un village basque se mobilisait pour une pastorale qui commémorait ce héros et dont l’écriture avait été confiée à l’abbé Junes Cazenave Harigile, auteur reconnu pour ses travaux sur la Soule et ses pastorales !
Les méfaits des esclavagistes continuèrent jusqu'en 1830, lorsque la flotte royale française revint à Alger pour détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient les mers, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées, et créer une "Algérie" inexistante jusqu'alors. Mais ceci est une autre histoire…