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Ce 4ème Aberri Eguna de la Bidasoa a montré « qu‘hier, comme aujourd‘hui et demain, les Basques sont les acteurs de cette patrie qui vit en eux ».
La Bidasoa est au cœur du projet national basque. La diversité et l’unité des Basques, vécues au quotidien, entre Navarrais, Labourdins et Gipuzkoans. Elle a fait naître une conscience basque singulière.
Rémi Bernis Arrue, doctorant à l’Université du Pays Basque rappela que « la Bidasoa n’était pas une frontière mais un trait d’union entre trois provinces jadis rivales mais unis par la langue ». Il a rappelé l’engagement de précurseurs, contemporains de Sabino Arana, comme Mattin Guilbeaut. Maire de St-Jean-de-Luz, à la fin du XIXe siècle, sa correspondance avec Arturo Campion est à l’origine d’Euskalzaleen Biltzarra, l’association de promotion de la culture basque. En 1892, Jean de Jaurgain dessina le premier Zazpiak-Bat, diffusée dans les affiches des fêtes basques organisés par Antoine d’Abbadie. Ils figurent parmi les pionniers à avoir donné vie à notre patrie, à notre nation, dans le cœur de nombreux Basques.
Si les représentants des Herri Biltzars de Lesaka en Navarre, d’Irun et Hondarribia en Gipuzkoa et de la Bidasoa en Pays Basque nord ont rappelé que cette cause commune les unissait, pour sa part, Pantxoa Bimboire Haritschelhar, président d’EAJ-PNB en Pays Basque nord, affirmait : « la patrie appartient à toutes et à tous. Elle vit dans nos cœurs, dans nos têtes. Célébrons notre patrie en ce jour de fête. Entre toutes et tous ». Et les participants de conclure qu’il convenait d’être « des acteurs de leur patrie, en utilisant l’euskara ou en prenant part à des initiatives de la société civile. Gure Aberria bizi dezagun ! »
L’Aberri Eguna sur la Plaza Nueva de Bilbao
L’Aberri Eguna ou journée de la patrie basque dont la première édition avait été organisée par le Parti nationaliste basque à Bilbao le 27 mars 1932 plongeait ses racines dans la pensée de Sabino Arana Goiri, figure tutélaire du nationalisme basque.-
Elle est fêtée traditionnellement chaque dimanche de Pâques dans toute la Communauté autonome basque et la Navarre, ainsi qu'en Iparralde.
Et je me souviens de ses souvenirs que partageait avec moi mon vieil ami Joseba Aguirre, hélas disparu il y a quelques années.
C’était le deuxième fils du premier Lehendakari (Président du Gouvernement basque), José Antonio de Aguirre y Lekube : « Je me souviens d'un Aberri Eguna, je devais avoir 12 ou13 ans, j'écoutais mon père parler et j'observais la foule. Parfois, il devenait grave, et tout le monde l'était aussi.
Puis, soudain, il rayonnait d'optimisme et de joie, et les gens se mettaient à rire. C'est là que j'ai compris ce qu'était le charisme, et que mon père en était doté ».
Comment ne pas me rappeler de nos rencontres au Biltzar des écrivains basques à Sare où Joseba Aguirre s’approchait toujours de la table de dédicace de mes livres, ou bien de sa participation aux débats avec les lecteurs de mes articles dans l’hebdomadaire régional basque. Avec sa belle silhouette, sa discrète élégance et son langage poli, tant en euskara qu’en français, à faire pâlir plus d’un académicien des deux langues…
1er Aberri Eguna à Bilbao en mars 1932 - Aberri Eguna à Bilbao avec l’actuel lehendakari le 5 avril dernier
Lors de la célébration de l’Aberri Eguna sur la Plaza Nueva de Bilbao le dimanche de Pâques (5 avril dernier), l’actuel chef du Gouvernement basque Imanol Pradales n’avait pas manqué de rappeler le « 90ème anniversaire du premier gouvernement basque en 1936, ainsi que le bombardement de Gernika et de plus d’une centaine d’autres villes basques. Nous avons demandé à l'État espagnol de prêter temporairement le tableau « Guernica » de Picasso au Pays Basque. Nous le faisons depuis des décennies, en tant que gouvernement et en tant que parti. Ce serait la plus noble façon d'exprimer notre reconnaissance envers le peuple basque, d'honorer sa mémoire... »
Effectivement, cette demande avait déjà été effectuée par l’actuel Lehendakari au Premier ministre espagnol, proposant le transfert temporaire de l'œuvre d'art au musée Guggenheim de Bilbao pour une durée de neuf mois, du 1er octobre 2026 au 30 juin 2027.
Mais encore une fois, le ministre de la Culture espagnol Ernest Urtasuna a exprimé son opposition au déplacement de la toile depuis le musée Reina Sofía à Madrid pour des raisons d'ordre strictement technique (risques liés aux vibrations lors du transport, apparition de nouvelles fissures, décollement, perte de la couche picturale, voire déchirures).
Par ailleurs, le Lehendakari Imanol Pradales n’avait pas manqué de rappeler au cours de cet Aberri Eguna : « La politique du Pays Basque Nord, ainsi que celle de l'État français, se trouvent à un tournant décisif. Jeudi dernier, j'étais au Sénat français. On y débattait du modèle d'autonomie basque. Ils nous regardent avec intérêt et envie. Et j'ai parlé en basque : au cœur de l'État jacobin, en basque, défendant les droits de notre peuple ! Bien que nos frères et sœurs du Nord n'aient pas le droit de parler basque à Paris, nous avons proclamé haut et fort notre langue, notre peuple et notre nation ! Mais il y a des signes d'espoir : en Iparralde, une grande opportunité pourrait s'ouvrir avec le nouveau Conseil d’Agglo du Pays Basque nord (ce samedi 11 avril, son président sera élu par les 232 conseillers communautaires élus lors du dernier scrutin municipal à Bayonne, ndlr). Dans les semaines à venir, on décidera qui dirigera la Communauté pour les six prochaines années. J'espère que chacun agira avec le soin et l'enthousiasme que requiert la situation. L'enjeu est de taille pour la poursuite de la construction de la nation basque ! Alava, Biscaye, Guipuzcoa, Navarre, Labourd, Soule et Basse-Navarre ! Les sept unies ! Car nous ne formons qu'une seule et unique nation ! »