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Article d'Anne de M La Cerda du 20 mars 2026
Suite à la conférence et la visite guidée du Musée Bonnat-Helleu de la poétesse et romancière Itxaro Borda, lauréate du prix littéraire des Trois Couronnes 2024 pour son remarquable roman historique au XVIIème siècle: « Martin, Basque dans le nouveau Monde », le musée poursuit sa lancée dynamique en proposant une nouvelle scénographie.
Aussi, dans le cadre de ce second accrochage à partir du 25 mars jusqu’au 25 juin, 35 dessins de grands maîtres seront exposés pour une durée limitée de trois mois étant donné leur extrême fragilité
sur feuilles de papier. Hélène Ferron, directrice des collections, et son équipe, mettront ainsi en lumière ces oeuvres de style éclectique issues du très riche et fabuleux cabinet de 3 500 dessins du XVème au XXème siècle qui contribuent à faire rayonner le prestige de ce musée Bonnat-Helleu à la renommée internationale.
Sortis des réserves, ces dessins seront placés dans des verrières tout au long du parcours du musée. L’objectif est de présenter différents strates de la création, de l’esquisse rapide à l’esquisse monumentale au dessin abouti.
Dans la salle 3 du rez-de-chaussée, les oeuvres des artistes maniéristes italiens du XVIème siècle côtoieront une des huit esquisses spontanée à la plume sépia de Raphaël (1483-1520), dévoilant ainsi une Vierge à l’Enfant (1507). A Florence de 1504 à 1508, sa carrière s’illuminera aux contacts des plus grands, en particulier Léonard de Vinci avec qui il apprit la ligne et la lumière puis Michel-Ange avec qui il apprend à composer des formes puissances. Pendant la période florentine, il se consacra uniquement aux sujets religieux. Ce lot de dessins réalisés à Florence s’inspirent principalement du thème religieux et composent une partie du « carnet teinté rouge » du grand maître.
A l’étage, un autoportrait orientaliste à l’aigrette théâtrale de Rembrandt (1606-1669) formé par de multiple traits de plume en courbes de petites croix cernent l’essentiel tout en découvrant la lumière du regard et les attributs symboliques du maître (1634).
Dans la grande salle dédiée au XIXème siècle, une étude du Radeau de La Méduse de Théodore Géricault (1791-1824) rappelle que la frégate « La Méduse » sombra au large du Sénégal en 1816. La position du corps nu gisant, à l’anatomie musclée, esquissée à la plume, évoque la composition
structurée de la célèbre pyramidale humaine de l’oeuvre monumentale finale. Le musée possède plus d’une centaine de ces dessins sur ce même thème.
Egalement, le portrait de la duchesse du Devonshire lady Elizabeth Foster, née Hervey par Sir Thomas Lawrence figure non plus une esquisse mais un dessin fini aquarellé. Cependant le dessin achevé ne fut pas l’apanage du XIXème siècle, ce genre fut également employé à diverses époques comme en témoigne par exemple les portraits autographes à la pierre noire avec rehauts de craie blanche signé d’Antoon Van Dyck (1599-1641) dont le musée possède cinq dessins.
Le visiteur pourra ainsi tout au fil de ce nouvel accrochage apprécier la diversité des usages du dessin et de l’évolution du regard des artistes à travers les siècles. Sorties exceptionnellement des réserves, des chefs-d'oeuvre exposés très rarement !
A partir du 25 mars jusqu’au 25 juin, exposition du nouvel accrochage des dessins du musée Bonnat- Helleu (5, rue Jacques Laffitte à Bayonne / ouvert.