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Les obsèques de la cantatrice Béatrice Uria-Monzon, décédée samedi 19 juillet à l’âge de 61 ans, ont eu lieu jeudi 24 juillet en la cathédrale Saint-Caprais d’Agen. C'est la représentante d'une extraordinaire famille qui a excellemment illustré le monde des Arts, avec son père, l'artiste peintre Antonio Uria-Monzon disparu en 1996, que j’avais eu le bonheur d’interviewer dans son atelier de Ciboure, installé dans la maison même où naquit autrefois Maurice Ravel, un des nombreux liens tissés entre l'artiste et la musique qui souvent l’inspira et dont témoignent ses luxuriantes illustrations réalisées pour les catalogues du festival "Musique en Côte Basque" (déjà, son père - le grand-père de Béatrice - cumulait les fonctions d'officier supérieur à Madrid et de musicien à l'Alavadero - la Garde Royale -, en même temps qu'il dessinait des chevaux ! Et la sœur de Béatrice avait continué l’œuvre artistique familiale dans la galerie d’art paternelle luzienne : l’été 2016, le collectionneur Robert Poulou avait d’ailleurs accroché à la tour de Bordagain une quarantaine de tableaux d’Antonio Uria-Monzon dans le cadre de l’exposition estivale « Les Peintres de la Nivelle »...
C’est donc dans ce très riche vivier artistique familial que Béatrice Uria Monzon avait pu déployer son talent, né à l’âge de dix-huit ans, lorsqu’elle avait commencé à suivre des cours de chant au conservatoire de Bordeaux, puis au Centre national d’insertion professionnelle des artistes lyriques de Marseille, avant de se perfectionner à l’École d’art lyrique de l’Opéra de Paris. En 1989, elle interpréta le rôle de Chérubin de Mozart à l’Opéra de Nancy.
Mais son rôle phare reste Carmen de Bizet, qu’elle chanta pour la première fois à Paris, en 1993. On l’avait fréquemment entendue à l’Opéra Bastille dans Don Quichotte, La Damnation de Faust, L'Amour des trois oranges, Tannhäuser, ainsi que Le Château de Barbe-Bleue à l’Opéra Garnier « dont elle préférait l’architecture » et où « elle se sentait chez elle »...
Après avoir parcouru l’ensemble des grandes scènes françaises où ses interprétations de grands rôles tels que Tosca, Carmen, ou Lady Macbeth - entre autres - ont fait référence, elle se produisit au cours de tournées internationales à Buenos Aires, Miami, Turin, Vérone, Vienne, New York, Munich, Madrid, Barcelone, Venise, et beaucoup d’autres.
Mais elle revint souvent donner des récitals sur la côte basque, en particulier dans le cadre du festival "Musique en Côte Basque" et souvent dans un répertoire hispanique : on se souvient en particulier de cette « Soirée chez l’impératrice » donnée il y a une douzaine d’années au Bellevue à Biarritz (en collaboration avec l’Académie Ravel), et en 2021, à l’église de Saint-Pée-sur-Nivelle, et même pour l'inauguration de "Sokoburu" à Hendaye...
« Fine musicienne, dotée d’une grande rigueur artistique et d’un sens théâtral aigu, Béatrice Uria-Monzon laissera le souvenir d’une cantatrice exigeante, intense et moderne (…) sa voix, d'une intensité rare, portait bien au-delà des scènes ; elle touchait l'âme" ». R.I.P.